Abbaye de Fontfroide |
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C'est un de ces miracles dont les Corbières ont le secret : au bout d'une petite route bordée de garrigues et de cyprès se cache l'une des plus belles abbayes cisterciennes visitables en France. Fontfroide est aussi "La porte du Pays Cathare", on ne peut comprendre la croisade des Albigeois sans passer par ce grand site culturel du Narbonnais.
L'âge d'or de Fontfroide Sur le plan spirituel Fontfroide est tout aussi rayonnante : dès 1151 la communauté est en mesure d'essaimer pour fonder d'autres monastères dont la célèbre abbaye de Poblet, en Espagne. A la porte du pays cathare, Fontfroide apparaît comme un bastion de l'orthodoxie, grâce à l'énergie de ses abbés : "Des hommes saints qui s'en allaient prêcher la juste foi en pays hérétique" dit la Chanson de la Croisade Albigeoise. C'est d'ailleurs l'assassinat de Pierre de Castelnau, moine de Fontfroide et légat du pape, qui déclenche la croisade de 1209-1210 avec pour conséquence le rattachement du Languedoc à la couronne de France. ![]() La paix revenue, les travaux reprennent : les immenses bâtiments destinés aux frères convers sont achevés. Fontfroide reste un des hauts lieux de la Chrétienté sous les papes d'Avignon (Benoit XII fut abbé de Fontfroide). Mais en 1348, la peste noire ravage le Languedoc et emporte la moitié de la communauté : c'est la fin de l'âge d'or. La vie monastique s'étiole. Au XVIIIe siècle, les quelques moines restant, fort riches, se lancent dans une série de travaux d'embellissement : c'est le "côté château" de Fontfroide, avec un superbe palais abbatial en grès ocre et rosé des Corbières. Abandonnée à la révolution, l'abbaye est occupée de 1858 à 1901 par une petite communauté
de Cisterciens de l'Immaculée Conception, qui essaiment depuis Sénanque. La grande roseraie : Fontfroide côté jardin
Dans l'ancien potager des moines, un nouveau miracle vous attend : une collection de près de 3000 rosiers s'épanouit en onze taches de couleurs en saison (de mai à septembre). Les onze massifs de la grande roseraie rassemblent en effet des variétés qui vont du blanc le plus pur (la rose Grand Nord) au carmin, en passant par toutes les nuances du rose, de l'ocre et de l'orangé comme en réponse aux belles tonalités flammées des pierres du collatéral sud. Juste au-dessus de la roseraie se trouve l'enclos Saint-Fiacre, le "jardin des senteurs", avec une belle collection de plantes odorantes de toutes origines. |
En 1093, le vicomte Aimeric 1er de Narbonne autorise une communauté de moines à s'installer sur ses terres de Fons frigidus.
Le site se prêtait bien à l'implantation d'un monastère, avec sa source d'eau froide, dans un repli secret et boisé des Corbières.
Affiliée en 1145 à l'ordre de Cîteaux, l'abbaye connaît rapidement une extraordinaire prospérité.
Au XIlIe siècle, la communauté possède 25 grosses fermes ou granges fortifiées,
un troupeau de 20 000 têtes de moutons, une centaine de domaines agricoles à travers l'Aude,
le Roussillon, la Catalogne..
Témoins de cet âge d'or :
